Communiqué – Mobilisons-nous pour un changement d’état-civil libre, gratuit et démédicalisé

Nous avons pris connaissance aujourd’hui des amendements modifiés lors des discussions en Commission des lois de la loi “Justice du XXIème siècle”, concernant notamment le changement d’état civil des personnes trans.

La principale avancée de cette loi, depuis son passage à l’assemblée nationale, était la démédicalisation du changement d’état civil, qui devait permettre aux personnes trans de ne plus avoir à présenter d’attestations médicales pour pouvoir y accéder. Cette avancée, qui était déjà insuffisante puisqu’il est nécessaire que le changement d’état civil soit aussi déjudiciarisé, a été supprimée dans le projet de loi adopté cette semaine. On peut en effet y lire : « La réalité de la situation mentionnée à l’article 61-5 [à savoir la transidentité] est médicalement constatée ».

Le Sénateur centriste Yves Détraigne, rapporteur de ce texte à l’assemblée, déclare dans une formule particulièrement paternaliste que cet ajout était nécessaire « dans un souci d’objectivation de la procédure, et pour s’assurer que la demande de changement de sexe à l’état civil ne repose pas sur un trouble temporaire », considérant par là qu’une procédure fondée sur l’auto-détermination serait subjective et que l’aval d’un médecin cis est nécessaire pour la rendre objective. Ces propos, dans la droite lignée de la transphobie d’Etat, marquent la méconnaissance profonde de la situation des personnes trans qui, sans changement d’état civil, sont condamnées à la précarité, à l’impossibilité d’exercer leurs droits civiques et à la marginalisation sociale.

Nous tenons à exprimer notre colère vis-à-vis de cette volte-face, et dénonçons vivement ce simulacre de progrès qui ne vise qu’à humilier une fois de plus les personnes trans en réitérant et légiférant le bafouement de leurs droits. Seul un changement d’état civil libre, gratuit et démédicalisé, sur simple déclaration à un officier de Mairie, et éventuellement le retrait total de la mention de sexe à l’état civil, peuvent être considérés comme des avancées.

FéminiCités appelle toutes les forces progressistes, féministes et transféministes à se rassembler et à réfléchir aux modalités de lutte qui s’offrent encore à nous avant le vote définitif du texte. Nous appelons également à une participation massive à l’Existrans, marche pour les droits des personnes trans et intersexes, qui se tiendra à Paris le 15 octobre prochain.

Tou-te-s au café dans le 18ème !

Inès Edel-Garcia

         Nous sommes le 10 juillet, il est 16h30. Dans un climat brûlant, les parisien-ne-s se préparent pour la finale de l’Euro. Les passant-e-s et automobilistes s’agitent à dose de klaxons et de sifflets.

         Nous avons rendez-vous à la station Marx Dormoy (ligne 12 du métro). Nous sommes trois jeunes femmes entre 22 et 26 ans. Le café Hôtel de la Poste de la rue Riquet, où nous devions nous rendre initialement, est fermé. Nous nous installons finalement à l’intérieur du Café de la Poste, à l’angle de la rue Ordener et du Boulevard de la Chapelle.

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Transidentités et espaces publics urbains : état des lieux et enjeux de la recherche en sciences humaines

Appel à se lancer dans une véritable collecte de données sur les transidentités : la recherche comme enjeu majeur dans la lutte pour l’émancipation des personnes trans.

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Boys don’t cry, Kimberly Peirce, 1999

 

Milan Bonté

 

La transidentité est une question peu étudiée dans le champ scientifique. L’invisibilité des personnes trans, dénoncée par les associations de lutte contre la transphobie, ne se limite pas aux médias et concerne aussi le champ de la recherche[1][2]. Ce dernier, largement transphobe jusque très récemment, et toujours profondément binariste, oscille en général entre des questionnements médicaux pathologisants et une dénonciation des oppressions liées au patriarcat… par le prisme binaire du rapport hommes/femmes[3]. Les questions trans sont rarement traitées en dehors de ces grilles de lecture. En géographie, il a fallu attendre les années 1990 pour questionner la prédominance masculine et cisgenre parmi les chercheurs[4], et repenser le rapport du champ de la géographie, et plus largement de l’espace, à celui du genre. Néanmoins, les travaux qui ont découlé de ces réflexions concernent en quasi-totalité le thème des femmes dans la ville, et tout en se targuant pourtant d’intitulés inclusifs : utilisant « genre » plutôt que « femmes », ils ne se réfèrent que très peu, voire pas du tout, aux particularités liées aux transidentités.

Nous questionnerons, dans cet article, le rapport à l’espace public des personnes trans. Nous chercherons les « espaces trans » dans les représentations et l’imaginaire collectif, relativiserons les espaces de la transphobie face à ceux de l’homophobie et de la misogynie, et tirerons le portrait d’une ville perpétuant les oppressions patriarcales. Quels sont les espaces publics urbains vécus par la population trans, et en quelle mesure la transphobie influe-t-elle sur la spatialisation, les présences et les absences des personnes trans dans la ville ? Ces questionnements seront appréhendés durant cet article sous forme d’état de l’art, et mèneront à une critique méthodologique se voulant constructive, ainsi qu’à un éclaircissement des enjeux qui sous-tendent le champ des recherches en sciences humaines sur les transidentités.

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Rencontre avec Adèle et Mathilde, fondatrices d’A nous la nuit !

Léa Delmas

 

FéminiCités est partenaire la marche nocturne de réappropriation de l’espace public organisée par l’association A nous la nuit le 2 septembre 2016, avec une arrivée au Point Ephémère (voir ici pour leur campagne de financement participatif). L’association organise aussi divers événements au cours de l’année, comme des apéros-discussions. Nous avons eu envie de rencontrer Adèle et Mathilde, qui en sont les fondatrices, pour parler de féminisme, d’inclusivité, du rapport à l’espace public et de la marche qu’elles organisent avec leur association.

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Retour sur l’atelier “Check tes privilèges”

 

Léa Delmas et Inès Edel-Garcia

Hier, FéminiCités était au Centquatre pour animer un atelier « Check tes privilèges », spécial espaces urbains. La météo nous a en effet empêché.e.s de le réaliser aux jardins Rosa Luxemburg comme cela était prévu au départ. Ce sera pour une prochaine fois !

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Décrypter les thèses du “Printemps Républicain”

 

Camille Lévy et Léa Delmas

 

Dans le contexte déjà inquiétant de ces derniers mois, dans lequel l’instrumentalisation et le détournement du féminisme et/ou de la laïcité à des fins racistes devient courante [1], le manifeste du “Printemps Républicain” n’est pas fait pour nous rassurer. Publié dans la revue réactionnaire Causeur, dirigée par Elizabeth Levy, connue pour ses charges contre le multiculturalisme et le féminisme (le magazine a d’ailleurs fait sa couverture de juillet dernier sur “la terreur féministe”)  et dans Marianne, pour qui l’islam et les prétendus reculs de la laïcité sont devenus une obsession au vu de ses nombreuses unes à ce sujet, ce manifeste enchaîne les raccourcis… Tout comme ses signataires, rassemblant de nombreuses personnalités politiques allant de la droite du PS à certains communistes en passant par des écologistes, qui se sont réuni.e.s à la Bellevilloise le 20 mars 2016. Leurs interventions sont édifiantes et en disent long sur les messages véhiculés par l’initiative.

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La rue au féminin : un sujet délicat à traiter

Par Inès Edel-Garcia, Léa Delmas et Fanny Helleu

Récit du premier FéminiCiné, avec la projection-débat de « Femmes invisibles, survivre dans la rue » de Claire Lajeunie, à la Mairie du 18ème le vendredi 29 avril 2016, en présence de Nadine Mézence (élue PCF à l’égalité de genre et à la lutte contre les discriminations dans le 18ème arrondissement de Paris) et de membres de FéminiCités et de Règles élémentaires.

« Allez hop ! C’est lourd… » Barbara remet son sac de randonnée sur ses épaules et repart avec son caddie et son chien Cléo à la recherche d’un nouvel emplacement.

Parcourir 10 à 15 km par jour avec sa maison sur le dos, essayer de manger à sa faim, trouver un lieu sûr pour dormir dans un parking souterrain, un squat ou un centre d’hébergement d’urgence lorsque cela est possible, mais surtout, « ne pas savoir de quoi sera fait le lendemain ». Voilà le quotidien des femmes sans-abri. Elles sont 7 000 à Paris ; en France, elles représentent 40% des SDF. Leur nombre a augmenté de 50% en dix ans.

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Retour sur : Intervention à Champigny-sur-Marne, 8 mars 2016

Retour en images et en mots sur notre première intervention publique à Champigny-sur-Marne, le 8 mars dernier. Tous nos remerciements vont au photographe et à la mairie de Champigny-sur-Marne pour ces photos. 

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Léa présente FéminiCités

Dans le cadre de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et des minorités de genre du 8 mars, FéminiCités était invitée avec Stop Harcèlement de Rue par la mairie de Champigny-sur-Marne, à un débat animé par le Centre Hubertine Auclert sur les résistances aux violences sexistes dans l’espace public, face aux agent.e.s municipaux. Cette intervention était notre première intervention publique officielle, et malgré le stress plus ou moins présent, nous avons été très encouragées par l’amabilité de Mathilde de Beaune, représentante de Stop Harcèlement de Rue à cet évènement, et de Iman Karzabi du Centre Hubertine Auclert.

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Loi travail : un projet dangereux pour les salarié.e.s et les droits des femmes et des minorités de genre

Source de l’image : Loi travail, non merci !

Face aux mesures évoquées par le gouvernement dans le cadre du projet de loi travail, et malgré les quelques modifications apportées à la marge, FéminiCités souhaite s’associer au mouvement social qui s’organise depuis quelques semaines pour refuser cette loi qui détruit les acquis sociaux des travailleur.se.s, et heurte particulièrement les droits de celles et ceux que nous défendons en premier lieu. Nous avons notamment pris cette décision suite à l’avis rendu par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle, qui souligne “l’impact négatif” que cette loi aurait sur l’égalité de genre au travail, et au sein de la société en général, si elle était adoptée.

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FéminiCités à la Manif du 6 mars !

Lucence Ing

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Dimanche 6 mars, jour de la manifestation organisée par le Collectif 8 mars pour toutEs. Pour FéminiCités, c’est une journée entière qui est consacrée à cet événement. Tout d’abord, il s’agit de préparer les panneaux pour la manif. 10h et quelques, j’entre dans la cuisine de l’école Télécom, où nous avons rendez-vous. Je me retrouve face à Oriane et Camille. « Bonjour ! », je lance. Elles me répondent avec un grand sourire. Nous avons toutes des têtes fatiguées, c’est un dimanche matin tout de même, mais nous sommes très motivées pour ce premier atelier banderoles. « Il n’y a personne d’autre ? » je demande. Non, me répond-on, il y a juste Alban qui va arriver. C’est dommage, Oriane a prévu le petit-déjeuner pour une armée ! Lire la suite « FéminiCités à la Manif du 6 mars ! »